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Astuces de vacances pour protéger votre peau

01-06-14 14:21

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Ne laissez pas un soleil trop généreux ou des insectes trop entreprenants faire de l'ombre à vos vacances. Explications et conseils de la clinique du voyage de l'Institut de Médecine Tropicale.

Un bain de soleil peut faire énormément de bien et doper votre production de vitamine D. Pourtant, mieux vaut s'exposer au soleil avec modération afin d'éviter les brûlures, le vieillissement accéléré de la peau et le cancer de la peau.

Plus vous vous rapprochez de l'équateur, plus le rayonnement UV est puissant. « Sous les tropiques, mieux vaut utiliser une crème solaire avec un indice de protection d'au moins 30", explique le professeur Fons Van Gompel, médecin en chef de la clinique du voyage de l'Institut de Médecine Tropicale. « N'hésitez pas à privilégier un indice de protection supérieur si dans le même temps vous devez utiliser un répulsif à base de DEET. Le DEET peut en effet réduire l'efficacité des crèmes solaires. Enduisez-vous de crème toutes les deux heures et après chaque baignade. Attention, l'eau froide ne réduit pas le risque d'insolation. Veillez donc à vous mettre régulièrement à l'ombre. Cela permet également de lutter contre un autre problème moins connu : dans les régions chaudes et humides, vos glandes sudoripares se bouchent plus facilement, ce qui donne lieu à une intense éruption cutanée, dite éruption miliaire. Il s'agit de petites perles rouges, fines qui apparaissent surtout sur les épaules, mais qui peuvent également recouvrir tout le corps des enfants. Des douches froides, du talc mentholé et des lotions refroidissantes et apaisantes sont alors d'un grand secours. »

Qu'ils sont mignons !

Généralement, lorsque l'on évoque les animaux dangereux pour la peau, on pense directement aux araignées, aux serpents et aux scorpions. Pourtant, ils ne causent que peu d'incidents. « En outre, les gens sous-estiment souvent les dangers potentiels présentés par des animaux plus attendrissants comme les chiens et les chats errants et la faune sauvage docile », fait remarquer le professeur Van Gompel. « Dans de nombreux pays encore aujourd'hui, les animaux peuvent porter le virus de la rage qui est mortel pour l'homme. Les animaux infectés ne sont pas toujours faciles à repérer. Ils peuvent tout aussi bien avoir l'air mou ou paralysé qu'enragé. Si d'aventure vous veniez à être mordu, nettoyez la blessure pendant 15 minutes à l'eau et au savon. Le virus est très sensible aux détergents. Lavez bien la blessure et ensuite, désinfectez-la. Consultez immédiatement un médecin pour savoir si le vaccin contre la rage et des anticorps doivent vous être administrés. Les voyageurs qui ont l'intention de faire de longues randonnées ou de courir régulièrement dans des pays en voie de développement feraient mieux de se faire vacciner en prévention. Ils seront alors partiellement protégés contre le virus. »

Cependant, le plus souvent les morsures en vacance sont le fait de vilains petits insectes. Dans les régions chaudes et humides, la diversité d'insectes est particulièrement grande. Leurs morsures et piqûres peuvent fortement irriter la peau. Et si ça vous démange..., vous ne pouvez pas vous gratter, au risque de créer de petites blessures qui peuvent s'infecter. Aux yeux du professeur Van Gompel, « les infections de plaies sont un problème souvent sous-estimé ». « Pour éviter de vous gratter, vous pouvez apaiser l'irritation en apposant une pommade corticoïde puissante. Bien souvent, il suffit de l'utiliser qu'une seule fois. Évitez le plus possible le visage et appliquez uniquement le soir, en raison du risque de réactions photo allergiques. »

Au fil de votre séjour, votre peau réagira moins fort aux attaques des insectes. Il convient cependant de s'en protéger. En effet, des insectes de certaines régions peuvent transmettre des agents pathogènes.

Des moustiques en furie

Protection contre les moustiques 24 h/24

  • Appliquez un produit à base de DEET sur les parties de votre corps qui ne sont pas recouvertes.
  • Pendant la journée, portez des vêtements imprégnés de perméthrine.
  • Dormez sous une moustiquaire (imprégnée de perméthrine).

Le plus connu des moustiques tant redoutés est peut-être le moustique Anophèle, qui dans certaines régions (sub) tropicales est infecté par le paludisme. Il sévit presque exclusivement entre la tombée et le lever du jour. « Chaque année quelques Belges décèdent encore à cause du paludisme, car ils n'ont pas pris leurs antipaludéens ou l'ont fait avec négligence et trompés par les premiers symptômes anodins, ont tardé à se faire soigner. D'où ce conseil : si vous faites de la fièvre dans les trois mois à compter de votre retour de séjour, faites une prise de sang. Même si vous avez pris scrupuleusement vos médicaments, étant donné que ceux-ci n'offrent pas une protection à 100 %. D'où également l'utilité de prendre des mesures générales contre les moustiques (voir encadré) lors de votre séjour. »

Certaines espèces de moustiques Aedes sont également mal famées. Elles frappent surtout pendant la journée en Amérique du Sud et en Afrique et peuvent transmettre le virus qui occasionne la fièvre jaune. Contre cette infection qui se manifeste par des symptômes grippaux et à l'issue parfois mortelle, il n'existe aucun traitement, mais bien un vaccin très efficace en revanche. Si vous vous rendez dans une région à risque, vous devez alors pouvoir présenter le « petit livre jaune », le certificat de vaccination. « Ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner, en raison de défenses immunitaires affaiblies par exemple, doivent absolument prendre des mesures anti moustiques drastiques », souligne M. Van Gompel.
La dengue et le chikungunya sont également transmis par les moustiques Aedes. Ces maladies infectieuses virales qui se ressemblent fortement vont souvent de pair avec de la fièvre et d'intenses douleurs musculaires (dengue) ou de l'arthrite (chikungunya). Seuls leurs symptômes peuvent être atténués. Vous ne pouvez qu'adopter des mesures anti moustiques en prévention, étant donné qu'il n'existe encore aucun vaccin. Et le professeur Van Gompel d'ajouter : « la dengue est en pleine expansion dans de nombreuses régions tropicales ». « Le virus du chikungunya est aujourd'hui responsable d'épidémies en Inde et en Asie du sud— (est). Il s'abat également sporadiquement dans de grandes régions d'Afrique et a également fait son apparition dans les Caraïbes en 2014, d'où il se propagera vers l'Amérique latine au cours des années à venir. »

Un dernier exemple ? « Les moustiques Culex, actifs la nuit en Asie, peuvent transmettre l'encéphalite japonaise. Les touristes n'encourent que peu de risques, à moins qu'ils n'aillent loger dans des zones rurales, vu que les porcs sont des « réservoirs » pour ce virus et que les champs de riz sont des aires de reproduction idéales pour les moustiques. Dans ce cas-là, mieux vaut vous vacciner au préalable. »

La coupe du monde au Brésil

Les fans de football qui après la Coupe du monde au Brésil souhaitent partir à la découverte des zones rurales du Brésil ou d'autres pays d'Amérique latine, doivent garder à l'esprit la présence de grandes punaises hématophages de la famille des Triatomas. « Les excréments qu'elles déposent lors de leur morsure souvent nocturne et indolore s'immiscent facilement dans la blessure et peuvent contenir un parasite », explique M. Van Gompel. « Vous risquez alors de contracter la maladie de Chagas, qui peut endommager le cœur et d'autres organes. C'est pourquoi, la nuit, mieux vaut ne pas dormir à la belle étoile ou dans des huttes primitives. Et se rendre dans un petit hôtel bon marché, dormir sous une moustiquaire, avec une couche supplémentaire de préférence pour se prémunir des excréments de ces punaises. Pulvériser un insecticide dans les endroits cachés, tels que derrière les cadres, dans les tiroirs ou sous le matelas. En outre, veillez à appliquer un répulsif sur les parties nues du corps. »

Les mouches africaines

On ne se débarrasse pas facilement de la mouche tsé-tsé en Afrique. De surcroît, même les répulsifs ont peu d'emprise sur ce taon pénible et surdimensionné. Elle peut être contaminée par un parasite qui provoque chez l'homme la tristement célèbre maladie du sommeil. « Cela étant dit, le risque dans les régions touristiques est limité », affirme M. Van Gompel. « Sauf dans certaines réserves sauvages comme les parcs Serengeti et Tarangire en Tanzanie. Explorez-les de préférence en voiture, les fenêtres fermées. »
D'autres mouches africaines occasionnent des problèmes en pondant leurs œufs sur du linge pendu pour sécher. « Vous pouvez les détruire grâce à la chaleur en repassant le linge », conseille M. Van Gompel. « En effet, les larves de mouches peuvent pénétrer dans la peau pour s'y développer. La blessure ressemble à un furoncle, mais engendre plus d'irritation que de douleur et présente au centre deux points noirs, des ouvertures pour que le coupable puisse respirer. »

Bien dans sa peau

La blessure que peut provoquer une puce chique peut également être confondue avec un furoncle, à ceci près qu'un point noir se trouve en son centre. « La redoutée puce chique peut pénétrer dans l'épiderme des pieds ou sous les ongles des orteils. Elle s'y loge pour grandir, ce qui engendre des démangeaisons et de la douleur chez l'hôte. Vous pouvez vous en débarrasser en retirant délicatement l'épiderme avec une aiguille. N'oubliez pas ensuite de désinfecter la blessure ! »

Hormis les puces chique, des parasites de chiens ou de chats peuvent également aller se loger dans votre peau. « De la boue souillée d'excréments est par exemple une source d'infection possible des larves de l'ankylostome. S'ils pénètrent accidentellement dans la peau d'un hôte humain, généralement, ils n'y résistent pas. Mais parfois, ils voyagent des mois durant sous la peau, à une vitesse maximale de quelques millimètres par jour et occasionnent en conséquence une éruption cutanée, tortueuse, ligniforme très irritante. Les endroits de prédilection sont les pieds, les mains et les fesses. Vous pouvez limiter le risque d'exposition à ces parasites de la peau tropicaux habituels en ne marchant pas à pieds nus et en vous asseyant toujours sur une serviette de plage. »

Près de chez vous

Même si vous ne partez pas très loin en vacance, votre peau peut être attaquée par des insectes. Pour tomber nez à nez avec la cantharide par exemple, il suffit d'aller au sud de l'Europe. Son nom est trompeur, car il s'agit en fait d'un méloïdé qui la nuit est attiré par la lumière. On retrouve plusieurs variantes dans les régions (sous) tropicales. Si vous écrasez un de ces insectes sur votre peau, des substances qui forment des ampoules seront libérées et engendreront des rougeurs, des gonflements, des brûlures et des ampoules. « Désinfectez la blessure et traitez-la avec une pommade contre les brûlures », recommande le professeur Van Gompel.

Près de chez vous, vous trouverez également des tiques surtout dans les régions rurales et boisées. Ne laissez pas de longs vêtements et un répulsif vous procurer une fausse impression de sécurité. Après une promenade dans la nature, inspectez toujours votre corps. En retirant rapidement la tique de votre peau, vous réduisez considérablement le risque qu'elle ne transmette des agents pathogènes. « À moins que la tique ne soit porteuse du virus de la méningo-encéphalite à tique, qui survient surtout en Europe centrale et en Europe de l'Est », souligne M. Van Gompel. « Le virus de la méningo-encéphalite à tique peut en effet être déjà transmis lors de la morsure de la tique. C'est pourquoi le gouvernement de l'Autriche met particulièrement en garde les touristes. L'avertissement est justifié, pas la panique. Le risque d'infection est très faible, et la plupart du temps l'infection est modérée, avec tout au plus un état grippal. Il est bien rare que cela débouche sur une inflammation du cerveau et des méninges, et quand bien même, la maladie ne laisse le plus souvent aucune séquelle. Si vous partez faire de la randonnée ou camper dans une région à risque, vous pourriez envisager de vous faire vacciner contre cette encéphalite à tique. »

Par An Swerts – Article Bodytalk 18/06/2014

 

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