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Des parasites non détectables compliquent l'élimination de la maladie du sommeil

Un groupe de 28 experts internationaux écrit dans Trends in Parasitology que les tentatives pour éliminer la maladie risquent d’être entravées par un manque de connaissance sur le rôle des réservoirs cryptiques dans la transmission du parasite.

24-01-18

Image 1/1 : Trypanosoma brucei 1000x

Un groupe d'experts internationaux, sous la direction du prof. Philippe Büscher de l'Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), décrit dans la revue Trends in Parasitology que la présence dissimulée du parasite de la maladie du sommeil chez l'homme et l'animal pourrait compliquer les tentatives d'élimination de la maladie.

L'Organisation Mondiale de la Santé s'est fixé pour objectif d'interrompre la transmission de la trypanosomiase humaine africaine, ou maladie du sommeil, d'ici 2030. Cette maladie mortelle est causée par un parasite unicellulaire transmis par la mouche tsé-tsé. À présent, elle sévit principalement en République Démocratique du Congo (RDC), Guinée et quelques autres pays d'Afrique sub-Saharienne. Début 2017, la Belgique, le Bill and Melinda Gates Foundation et l'Institut de Médecine Tropicale ont lancé une collaboration afin de donner le coup de grâce à la maladie du sommeil à l’aide de nouvelles stratégies dans le domaine du diagnostic, du traitement, de la digitalisation et de la lutte contre la mouche tsé-tsé.

Un groupe de 28 experts internationaux écrit dans Trends in Parasitology que les tentatives pour éliminer la maladie risquent d’être entravées par un manque de connaissance sur le rôle des réservoirs cryptiques dans la transmission du parasite. "Nous savons très peu sur le comportement du parasite chez l'humain et l'animal, alors que cela a une influence sur la propagation de la maladie du sommeil. Ces lacunes dans nos connaissances scientifiques doivent rapidement être comblées afin de vaincre la maladie", explique le prof. Philippe Büscher de l'IMT. 

Premièrement, tous les cas de maladie du sommeil ne sont pas rapportés. En RDC, moins de 2000 nouveaux cas ont été recensés en 2016, soit environ 85% du nombre global. Le nombre effectif est probablement plus élevé, car ce n'est pas une sinécure de localiser les nouveaux cas dans les régions les plus reculées du Congo. Seule une partie de la population à risque est régulièrement testée pour la maladie du sommeil. En outre, le diagnostic de la maladie du sommeil est laborieux et difficile. Avec la récente initiative belge «HAT +», lancée en 2017 et coordonnée par l'IMT, il est désormais possible d'élargir le champ de l'enquête. En outre, la recherche sur un meilleur diagnostic est également soutenue.

Un deuxième problème repose sur les infections latentes chez des personnes sans symptômes. Une personne peut être infectée pendant des années sans développer la maladie, mais sa contribution sur la transmission de la maladie reste inconnue, puisqu’elle peut en théorie transmettre le parasite de la maladie du sommeil quand elles sont piquées par une mouche tsé-tsé. Le rôle des animaux domestiques et sauvages dans la transmission de la maladie du sommeil à l'homme reste également sujet à question alors que ce rôle devient clé dans un contexte d'élimination.

Afin de pouvoir effectivement éliminer la maladie du sommeil d'ici 2030, les experts affirment que de meilleurs outils doivent être développés pour identifier les infections latentes chez l'homme. Des tests précis pour déceler la présence du parasite de la maladie du sommeil chez les animaux, sont également nécessaires, de même que de meilleurs modèles mathématiques pour investiguer des hypothèses épidémiologiques. 

Link

Le papier 'Do cryptic reservoirs threaten gambiense-sleeping sickness elimination?'

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