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La résistance aux antibiotiques: InBev-Baillet Latour soutient l'IMT

€ 1,35 millions pour trois chaires et pour la recherche sur la diagnostique, les thérapies et sur le comportement humain

11-03-15 16:03

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Sans médicaments efficaces contre les infections, les soins de santé se retrouveraient au 19ème siècle. Ce n’est pas une fiction que la croissance de la résistance aux antibiotiques est mondiale, aussi et surtout dans les pays en voie développement. Pour les cinq prochaines années le Fonds IBL financera trois chaires à l’ITM, pour un total de € 1,35 millions. Les lauréats mèneront une recherche interdisciplinaire sur les causes et les solutions biologiques, cliniques et anthropologiques de cette résistance dans les tropiques.

La résistance aux antibiotiques est un problème pressant en Asie et en Afrique. La mondialisation, les migrations et le tourisme (médical) dans notre pays, nous expose à des infections bactériennes pour lesquelles il n’existe à présent pas de médicaments efficaces. Les conditions sanitaires et socio-économiques qui favorisent cette résistance dans de nombreux pays en voie développement n’ont pas été améliorées. D’ailleurs, jusqu'à très récemment, ce genre d’infection n’était souvent même pas découvert  en raison du manque de laboratoires diagnostiques et d’un personnel qualifié.

Le paludisme est souvent le "diagnostic par défaut" en cas de fièvre, et les antibiotiques à large spectre sont prescrits pour s’assurer qu’aucune infection ne soit omise. Le pharmacien a du mal à trouver des médicaments de qualité fiable, tandis que le patient met ses espoirs dans les antibiotiques qu’il achète sans prescription sur le marché.

Bien que dans de nombreux pays il y ait peu de données fiables, l'Organisation mondiale de la santé rapporte* une hausse à l’échelle mondiale de  la résistance des bactéries connues comme l’Escherichia coli, le Klebsiella pneumoniae et la Staphylococcus aureus. Ainsi à Phnom Penh, au Cambodge, un quart des infections graves de la peau dues à Staphylococcus aureus et la moitié des Infections intestinales dues à Escherichia coli, sont à présent multi-résistants. Seuls les antibiotiques de réserve pourront apporter un soulagement mais ils sont chers  et souvent non-disponibles. Le prix du traitement pour un jour peut facilement s’élever à un mois de salaire.

Selon le Prof. Bruno Gryseels, directeur de l'ITM: «La lutte contre la résistance croissante aux médicaments requiert des mesures urgentes à plusieurs niveaux tant sur le plan du diagnostic, de la prescription et de la distribution des antibiotiques, qu’au niveau de la consommation de ces médicaments. Des millions de personnes doivent choisir entre finir un traitement antibiotique ou se nourrir. Et il ne faut pas non plus oublier le rôle de la santé animale et des conditions sanitaires dans les centres de santé.

Le soutien généreux du fonds IBL permet d’étudier et d’adresser les aspects particuliers de ce problème complexe dans les pays en voie de développement. C’est indispensable car les bactéries ne connaissent pas de frontières et la résistance antibiotique est en passe de devenir une menace mondiale. »

Alain De Waele, secrétaire-général du Fonds InBev-Baillet Latour: « La santé des populations a toujours été une priorité majeure du Fonds. La mobilité internationale fait que les infections bactériennes dépassent actuellement les frontières. Le Fonds souhaite par ce don majeur soutenir cette recherche et trouver des réponses appropriées. »

Les trois nouveaux chaires a l’IMT

L'importance donnée à la recherche sur le sida a fait des infections bactériennes une moindre priorité en médecine tropicale depuis les années 80. Le problème mondial de la résistance aux antibiotiques leur a donné un nouvel élan. Le financement du Fonds IBL permet à l’IMT de créer trois chaires, chacune permettant un parcours professionnel de recherche de cinq ans menant à un poste de professeur ordinaire.

Prof. Stijn Deborggraeve a été nommé à la tête de la nouvelle entité de bactériologie diagnostique dans le département des sciences biomédicales. Deborggraeve et ses collègues développent de nouveaux tests diagnostiques pour le dépistage des maladies bactériennes et de la résistance aux antibiotiques dans les tropiques.

Prof. Koen Peeters dirigera la nouvelle unité d’anthropologie médicale incorporée dans le département de santé publique. Il examine, entre autres, comment les patients, les agents de santé et les décideurs politiques dans les pays en voie de développement perçoivent l'utilisation de médicaments et le rôle que ces médicaments pourront jouer dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques.

Dr. Erika Vlieghe et le Prof. Jan Jacobs feront une recherche dans les tropiques sur les stratégies de traitement des patients avec des infections bactériennes graves. Leur recherche couvrira  le diagnostic en laboratoire, les habitudes de prescription et les conditions sanitaires des hôpitaux.

Les différents axes de recherche s’allient dans un projet pluridisciplinaire commun intitulé "Infections bactériennes dans les tropiques" ou BIT.

De 2008 à 2014 deux chercheurs postdoctoraux  prometteurs ont pu, grâce à ce fonds, mener une recherche innovante sur les maladies tropicales négligées, notamment la leishmaniose viscérale ou kala-azar. Ces axes de recherche sont maintenant regroupés sous le dénominateur de la recherche institutionnelle avec leur propre financement.

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