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Les chercheurs et les entreprises doivent travailler de concert pour battre les maladies négligées

12-01-17

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Il y a trop peu de médicaments disponibles contre les maladies tropicales négligées. De plus, les bactéries, parasites et virus sont des micro-organismes très malins qui développent très rapidement des résistances contre les médicaments qui essaient de les éliminer. L’IMT teste des nouveaux médicaments en cours de développement pour le traitement des maladies négligées, quant à leur efficacité contre des pathogènes résistants. En utilisant la maladie parasitaire kala-azar comme modèle, les chercheurs de l’IMT démontrent dans le journal Trends in Parasitology l’intérêt d’introduire des études sur la résistance dans un stade précoce du processus de Recherche & Développement. Ils plaident pour une collaboration accrue entre les chercheurs et les entreprises afin de s’attaquer aux maladies négligées.  

Les maladies tropicales négligées sont un groupe de 17 maladies infectieuses touchant plus d'un milliard d'individus dans des régions (sub) tropicales, le plus souvent vivant dans un dénuement extrême. Le Kala-azar (le nom hindi pour la fièvre noire) est l'une d'entre elles et est la principale maladie parasitaire après le paludisme, avec environ un million de cas et jusqu'à 30 000 décès chaque année. Cette maladie est causée par des parasites unicellulaires appelés Leishmania, qui sont également responsables de plusieurs autres maladies mutilantes. L'arsenal de médicaments pour traiter le kala-azar est limité. De plus, la résistance aux médicaments progresse et deux des quatre médicaments disponibles ont déjà perdu leur efficacité ou sont en passe d’être perdus.

Lorsque des compagnies pharmaceutiques mettent au point de nouveaux médicaments, bien souvent elles le testent sur une seule souche de laboratoire isolée il y a des décades. Les chercheurs de l'IMT estiment que cette pratique devrait changer et recommandent de tester les médicaments potentiellement actifs contre Leishmania sur des échantillons de patients actuels. L'Institut, qui dispose d'une grande collection d'échantillons de patients pour un ensemble de maladies tropicales négligées, notamment des échantillons de parasites résistants, occupe une place unique dans cet effort. En collaboration avec une entreprise pharmaceutique, les chercheurs de l'IMT testent une batterie de nouveaux candidats-médicaments pour le kala-azar face à des isolats cliniques récents et résistants et les comparent aux tests effectués sur la souche de laboratoire. Dans le cours de 2017, l’IMT présentera les résultats de cette recherche.

« C'est important, car nous devons savoir si les composés les plus prometteurs seront également actifs contre des isolats cliniques résistants aux médicaments utilisés pour le moment. Ce sont des parasites résistants qui donneront du fil à retordre aux nouveaux médicaments, quand ils seront utilisés dans des régions endémiques », affirme Aya Hefnawy, principale auteure de l'article et doctorante à l'IMT dans le cadre du Réseau de formation initiale Euroleishnet Marie Sklodowska-Curie (ITN). Dans le cadre de ce programme, les doctorants alternent des séjours dans des laboratoires universitaires ou privés.

C'est la raison pour laquelle les auteurs appellent à réaliser des études prospectives sur la résistance aux médicaments à un stade précoce de la R&D. Comme le déclare Jean-Claude Dujardin, responsable du département de sciences biomédicales de l'IMT et autorité mondiale dans le domaine de la recherche sur le kala-azar, « une collaboration étroite entre les institutions académiques et les entreprises est d’une importance cruciale pour combler l'écart entre la recherche fondamentale et appliquée. Nous devons unir nos efforts pour abattre les maladies négligées qui causent tant de souffrance dans le monde entier » 

Les chercheurs de l’IMT montrent aussi dans leur article de Trends in Parasitology que les leishmanies ont développé la résistance de diverses manières, ce qui souligne les énormes capacités d’adaptation des parasites. Ils concluent que les mêmes mécanismes sont actifs chez les patients et en laboratoire. Ces découvertes  peuvent entre autre mener au développement de nouveaux traitements où la résistance est annulée ou contournée.

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