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L'IMT à l'affut des moustiques tigres

L'IMT cherchera désormais à déceler les moustiques tigres dans les lieux qui leur sont favorables et cela dans l’ensemble de notre pays.

03-10-17

Image 1/2 : IMT chercheur Isra Deblauwe

Les moustiques exotiques comme le moustique tigre ont pu s'implanter dans le sud de l'Europe suite aux phénomènes de la mondialisation et du réchauffement climatique. Ils se dirigent vers nos contrées. L'Institut de Médecine Tropicale (IMT) cherchera désormais à déceler les moustiques tigres dans les lieux qui leur sont favorables et cela dans l’ensemble de notre pays. Si le moustique est rapidement identifié, il est possible de mieux le combattre et d’empêcher qu’il s'établisse en Belgique.

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est un insecte robuste de petite taille qui outre ses piqures douloureuses peut également transmettre des maladies virales comme la dengue, le chikungunya ou Zika. Il provient d'Asie du Sud-est, mais est parvenu à s'implanter en Europe et en Amérique avec l’accroissement du transport mondial des marchandises et des personnes, le réchauffement climatique et grâce à ses grandes capacités d'adaptation. Le moustique tigre s’est déjà implanté depuis des années dans le sud de l'Europe et sa présence a été confirmée en Alsace, France. Il se propage de plus en plus vers le nord. L’IMT a déjà occasionnellement trouvé des moustiques tigre en Belgique mais ceux-ci ne sont pas parvenus à passer l'hiver et/ou à se reproduire jusqu'à présent. Des moustiques tigres sont observés régulièrement aux Pays-Bas. Pour éviter que cet insecte ne s’implante dans notre pays, le plan de suivi des moustiques exotiques en Belgique (MEMO) a donc été élaboré par les autorités belges.

« Un bon suivi est capital pour éviter que les moustiques tigres ne puissent s'implanter en Belgique. Si nous pouvons localiser rapidement les moustiques, la lutte n’en sera que plus efficace. Nous avons identifiés les points d’entrée les plus probables et nous y jouerons un rôle de chien de garde », explique dr. Wim Van Bortel, chercheur de l'IMT et coordinateur du projet MEMO.

Points d'entrée

Avec MEMO, nous surveillerons 23 points d'entrée potentiels répartis sur l’ensemble du territoire Belge. Ces points d'entrée peuvent être chez nous des dépôts de pneus, des jardineries, les ports et les aéroports. Figurant parmi les 100 espèces les plus invasives, le moustique tigre voyage volontiers avec les pneus d'occasion et les bambous porte-bonheur. L'eau qui stagne dans les pneus ou qui est transportée avec les plantes est un repaire idéal pour les œufs de ces moustiques.  Les aéroports et les ports font également l'objet d'une surveillance.

Ce n'est pas parce qu’on trouvera quelques moustiques tigres en Belgique que l’on sera confronté à une épidémie. « En soi, le moustique tigre ne présente pas de danger. Cependant, il peut transmettre des virus d'une personne à l'autre. Pour ce faire, un moustique doit d'abord piquer une personne atteinte du virus. Ensuite, il pourra transmettre ce virus à une autre personne. Le plus souvent, ces virus arrivent dans notre pays par un voyageur infecté », précise Van Bortel. Pour que la transmission du virus soit possible, il faut que le virus et le moustique tigre soient présents au même endroit, au même moment. Ce n'est possible que si la population de moustiques tigres est assez grande.

Une initiative des gouvernements fédéral et fédérés

L'IMT surveille depuis des années les moustiques exotiques à quelques stations et, dans le cadre du projet MEMO, va étendre ses activités sur toute la Belgique. Le projet s'étale sur trois ans et est financé par les gouvernements flamand, wallon, bruxellois et fédéral dans le cadre de l'accord de coopération national portant sur les domaines de la politique de l'environnement et de la santé (NEHAP). L'IMT mène le projet en collaboration avec l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) et le Barcoding of Organisms and Tissues of Policy Concern (BopCo).

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