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Parasites hibernants

Un obstacle au traitement et à l’élimination des maladies infectieuses?

04-08-17

Image 1/1 : Replica of a pre-Incaic pottery representing a patient with signs of muco-cutaneous leishmaniasis’

Dans un article scientifique publié la semaine dernière dans la revue PLOS One, des chercheurs de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, Belgique (IMT) et de l’Institut de Médecine Tropicale ‘Alexander von Humboldt’ de Lima, Pérou (IMTAvH) ont découvert que les parasites causant la leishmaniose sont capables de survivre dans un état dormant pendant une longue période de temps.  L’existence de ces ‘bêtes au bois dormant’ représente une importante découverte, avec un impact potentiellement important sur l’efficacité du traitement et les efforts d’élimination de la maladie.  La Leishmaniose est une des 17 maladies tropicales négligées, affectant les plus pauvres des plus pauvres sur terre. Les régions les plus endémiques sont l’Amérique Latine, l’Afrique de l’Est et le sous-continent Indien, mais la maladie circule également en Europe. Les infections chez l’homme sont dues à plusieurs espèces de Leishmania, parasites transmis par la piqure des phlébotomes.

Il y a très peu de médicaments disponibles pour traiter cette maladie mortelle et mutilante et la moitié d’entre eux ont perdu ou sont en train de perdre leur efficacité. “Nous observons de plus en plus de cas d’échec thérapeutique, qui ne sont pas toujours dûs à la résistance médicamenteuse; nous devons trouver une explication ailleurs,” rapporte le Prof. Jorge Arevalo, chef du Laboratoire de Biologie Cellulaire et Moléculaire des Trypanosomatidés à l’IMTAvH.  Une explication semble avoir été découverte par la parasitologue moléculaire Marlene Jara, doctorante de l’IMT et de l’IMTAvH, avec une bourse de la Coopération au Développement Belge: “Notre étude, étude, initiée par des premiers résultats obtenus à l’IMTAvH, a montré que le parasite est capable d’entrer dans un état de ‘sommeil’ profond qui pourrait rendre le parasite invisible aux médicaments et au système immunitaire.”

Ce phénomène peut survenir dans d’autres maladies infectieuses: ainsi, l’hibernation a été observée chez les pathogènes causant la malaria ou la tuberculose. Des médicaments spécifiques peuvent être requis pour traiter les stades actifs et dormants de la maladie.

La leishmaniose peut exister sous trois formes: cutanée, muco-cutanée et viscérale. L’étude publiée dans PLOS One concerne la leishmaniose muco-cutanée (MCL), une maladie connue au Pérou bien avant la période Inca. Elle commence souvent par une banale lésion cutanée qui guérit avec ou sans traitement, mais des années plus tard, la maladie resurgit sous forme de MCL, causant d’horribles mutilations faciales et une stigmatisation sociale. Il est probable que ce soit le réveil des parasites dormants qui soit responsable de la réactivation de la maladie.

Plus de 90% des cas de MCL surviennent en Bolivia, Brésil, Ethiopie et Pérou et la majorité des populations affectées ne peut se permettre un traitement médical adéquat.

Les parasites dormants pourraient également poser un problème majeur pour les programmes de contrôle, dans lesquels les malades porteurs de parasites actifs sont ciblés et pas les gens sains porteurs de parasites inactifs. Ainsi, des Leishmania dormantes pourraient anéantir les programmes de contrôle. C’est pourquoi, plus de moyens doivent être déployés pour comprendre ce phénomène d’hibernation et le combattre,” conclut le Prof. Jean-Claude Dujardin, chef du département de Sciences Biomédicales à l’IMT.

Nous devons garantir de ne pas louper les parasites….mêmes quand ils dorment.

Lien avec l’article: Macromolecular biosynthetic parameters and metabolic profile in different life stages of Leishmania braziliensis: Amastigotes as a functionally less active stage

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