Passer au contenu principal

Un parasite n'est pas l'autre

À en croire les chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale (IMT), de l’AfricaMuseum et de la K.U. Leuven, la récente découverte selon laquelle certains parasites se reproduisent davantage que d'autres ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de la maladie tropicale baptisée « schistosomiase ».

12-02-18

Image 1/2

À en croire les chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale (IMT), de l’AfricaMuseum et de la K.U. Leuven, la récente découverte selon laquelle certains parasites se reproduisent davantage que d'autres ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de la maladie tropicale baptisée « schistosomiase ».

La schistosomiase, également connue sous le nom de « bilharziose », est une maladie tropicale causée par un ver parasite qui affecte l'intestin et les voies urinaires. Cette maladie touche plus de 200 millions de personnes dans le monde et principalement les enfants résidant dans la région de l'Afrique subsaharienne. L'infection se produit au moment du contact des victimes avec l'eau infestée des lacs et des rivières.

Les chercheurs avançaient jusqu'à présent que la gravité de l'infection était majoritairement déterminée par le degré d'exposition au parasite et par le système immunitaire des patients qui en souffraient. Des scientifiques de l'IMT, de l’AfricaMuseum et de la K.U. Leuven ont toutefois révélé que l'évolution de la maladie avait d'autres facteurs que ceux communément défendus à l'heure actuelle. Les chercheurs ont ainsi indiqué dans la revue spécialisée International Journal for Parasitology que la gravité de la bilharziose était par ailleurs corrélée au type de parasite ayant infecté le patient. Cette révélation permet de se pencher plus précisément sur la recherche de nouveaux vaccins et traitements contre cette maladie tropicale.

La plupart des études sur les maladies tropicales – en particulier  sur la schistosomiase – se centraient jusqu'aujourd'hui sur les patients. Or, ces dernières années, les nombreuses avancées de la technologie ont permis aux scientifiques d'étudier plus en détail les parasites à l'origine des infections. Il est ainsi désormais possible d'analyser l'ADN d'une minuscule larve parasitaire de schistosome qui ne mesure pas plus d'un dixième de millimètre.

L'IMT, l’AfricaMuseum et la K.U. Leuven ont joint leurs forces et combiné leurs connaissances spécifiques en matière d'épidémiologie, de génétique et d'écologie. Ensemble, ces organismes ont analysé plus de 1500 échantillons de parasites prélevés sur des écoliers sénégalais et en ont conclu que certains parasites présentant des mutations génétiques bien spécifiques se reproduisaient davantage que d'autres. Cette découverte prend tout son sens lorsque l'on sait que le nombre d'œufs pondus par les vers adultes détermine le niveau de gravité de la maladie. Il est donc essentiel d'approfondir la recherche sur les traitements ou les vaccins capables d'influencer le fonctionnement du gène identifié. Cela ne sera pas tâche facile car les schistosomes diffèrent fortement sur le plan génétique et leurs gènes évoluent rapidement. Les chercheurs belges devront maintenant confirmer les résultats obtenus sur le terrain en reproduisant l'expérience en laboratoire.

Publication dans la revue International Journal for Parasitology : « Evolutionary epidemiology of schistosomiasis: linking parasite genetics with disease phenotype in humans » (Huyse et al.) :

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0020751917303211?via%3Dihub

Meer nieuws over

PUBLIC HEALTH     BUITEN LAND