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Besoin d'investissement durable pour les tests de dépistage rapide du virus Ebola

22-01-19

Image 1/1 : Panneau d'information Ebola en Afrique

Au cours de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (2014 - 2016), le développement de tests de diagnostic a pris de l'ampleur. Cela est important car ces tests ont un rôle essentiel à jouer dans l'enrayement de ces épidémies. A ce jour, seuls quatre des 14 tests développés peuvent être déployés dans la riposte à la maladie. Des chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) ont étudié la cause de ce problème et les solutions possibles. Leurs conclusions sont publiées aujourd'hui dans la prestigieuse revue scientifique « Nature ».

Avec plus de 630 cas confirmés et plus de 350 décès depuis août 2018, l'épidémie actuelle au Nord-Kivu, en RD Congo, est la deuxième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée. Lors de son apparition en Afrique de l’Ouest, plusieurs firmes spécialisées en diagnostic se sont concentrées sur le développement de tests de  dépistage. Quatorze tests ont été approuvés par la US Food & Drug Administration ou par l'Organisation mondiale de la santé.

Selon une enquête réalisée par les chercheurs de l'IMT, seuls quatre tests sont aujourd’hui immédiatement disponibles et il faudra encore attendre une longue période pour les autres. Dans certains cas, il n’y a même pas eu de réaction à la demande. "Nous avons contribué au développement d'un nouveau test de dépistage, mais deux ans plus tard, le test n'est toujours pas disponible", précise le Dr Lieselotte Cnops. "Malgré de nombreux investissements, nous constatons que seuls quelques tests de dépistage du virus Ebola sont disponibles."

Un besoin urgent d’un nombre de  tests fiables, disponibles en permanence, s’impose lors de la survenue d’une épidémie. Toutefois, il est difficile pour les entreprises de maintenir la production de ces tests en l'absence d’une épidémie Ebola. Quand une nouvelle épidémie est déclarée, il y a soudainement une grande demande de tests que les producteurs n’arrivent pas à suivre. De plus, les frais de production et de distribution d’un tel test sont supérieurs aux recettes.

"Nous préconisons une approche globale et intégrée qui rationalise l’ensemble du processus, du développement à l’utilisation finale sur place. Une sorte d'alliance mondiale où les tests sont en partie financés par les gouvernements et les organisations internationales. Un tel organisme existe dans le domaine des vaccins, mais pas encore pour les tests de dépistage", explique le virologiste Prof. dr. Kevin Ariën. "De plus, l'utilisation de tests dans les programmes de surveillance pourrait signifier un marché de vente plus grand, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir réagir plus rapidement en cas d’épidémie locale." Les résultats des chercheurs sont publiés aujourd'hui sous forme de ‘Comment’ (commentaire) dans la revue scientifique Nature.

Les tests de diagnostic sont essentiels dans la lutte contre une épidémie d'Ebola. Sans eux, il est impossible de dépister les nouveaux cas, de déterminer pendant combien de temps le virus reste actif chez les survivants et de déterminer la cause des décès. Au cours de l'épidémie actuelle en RD Congo, l'IMT soutient son partenaire, l'INRB, et le ministère congolais de la Santé publique en matière de surveillance épidémiologique et de diagnostic. Des experts de l’IMT et son équipe de recherche sur les épidémies sont envoyés au nom de l'Organisation mondiale de la santé pour contenir l'épidémie.

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