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Des moustiques tigres à nouveau repérés en Belgique

Le moustique se propage dans nos régions depuis quelque temps.

22-11-18

Image 1/1 : Dr. Isra Deblauwe examine un site de reproduction potentiel du moustique tigre.

Des moustiques tigres ont été observés cet été à cinq endroits différents en Belgique. Il convient de noter qu’actuellement ce moustique (Aedes albopictus) est importé des pays voisins par voie routière et se propage dans nos régions depuis quelque temps. Les chercheurs de l'Institut de médecine tropicale (IMT) d'Anvers et leurs partenaires surveillent 23 points d'entrée potentiels de cette espèce et d'autres moustiques exotiques dans notre pays. Le moustique tigre n’avait plus été signalé en Belgique depuis 2016.

Entre mai et septembre 2018, les scientifiques de l'IMT ont repéré des moustiques tigres sur cinq sites dans quatre provinces: en Flandre orientale, dans le Hainaut, en province de  Namur et au Luxembourg. En plus, les chercheurs ont piégé 68 moustiques tigres à différents stades de développement (24 moustiques adultes, 8 larves et 36 œufs) dans le Port du Pays de Waes), ce qui indique que ces espèces se sont également propagées cet été. Dans les autres provinces, un nombre limité de moustiques adultes ou de leurs œufs a été découvert.

Au Luxembourg et dans la province de Namur, des œufs ont été trouvés sur des aires d’autoroutes. Le moustique tigre a probablement été amené dans des voitures en provenance de France et d’Allemagne, où il est déjà établi. C'est la première fois que ce type de moustique est introduit en Belgique de cette manière. Les introductions précédentes, constatées par les chercheurs de l’IMT, se sont faites via l’importation de pneus usagés, via des jardineries et le port d’Anvers. Il s'agissait toujours de quelques moustiques originaires des destinations lointaines.

"Le moustique tigre pourrait gagner plus de terrain en Belgique car il arrive maintenant chez nous par les pays voisins, où il est déjà établi. Afin de l’empêcher de s’installer ici de manière permanente, nous devons surveiller de près sa répartition et il faut que les autorités compétentes commencent la lutte aussitôt que possible. D'autre part, nous repérons également plus de moustiques exotiques, à la suite d’une surveillance plus intensive que nous menons actuellement en Belgique", explique le Dr Isra Deblauwe, responsable de la coordination quotidienne du projet MEMO.

En plus du moustique tigre asiatique, trois autres espèces exotiques ont été repérées l'année dernière, y compris: Aedes japonicus et Aedes koreicus. Aedes japonicus, un moustique forestier originaire d’Asie, a été retrouvé en province de Namur et près de la frontière allemande. Aedes koreicus a déjà été repéré en Belgique en 2008 et est établi dans la région de Maasmechelen. Les chercheurs de l'IMT surveillent de près ces populations, qui demeurent petites et ne causent donc aucun problème.

"Il est crucial de continuer cette surveillance de manière structurée. Si nous pouvons localiser à temps les moustiques exotiques, nous pourrons mieux les combattre et veiller à leur non-prolifération dans notre pays dans un proche avenir. Même si les moustiques s’établissent ici, il est important de surveiller de près les populations afin d’être en mesure d’évaluer le risque de transmission de maladies", explique le Dr Wim Van Bortel, coordinateur général du projet MEMO.

Le projet 'Surveillance des moustiques exotiques en Belgique' ou MEMO, d'une durée de 3 ans (2017-2020), est fiancé par les gouvernements flamand, wallon et bruxellois ainsi que le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement dans le cadre de l'accord de coopération national portant sur les domaines politiques de l’environnement et de la santé (NEHAP). L’IMT mène ce projet en collaboration avec l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) et le Barcoding Facility of Organisms and Tissues of Policy Concern (BopCo). Avec le soutien d’Avia-GIS, le système d’information VECMAP est utilisé pour l’intégration de données de terrain et de laboratoire. S'il y a des preuves de présence de moustiques tigre dans notre pays, les gouvernements flamand, wallon et bruxellois sont informés dans les meilleurs délais afin que le contrôle puisse être lancé rapidement.

L'IMT surveille les moustiques exotiques dans de nombreux sites en Belgique depuis plusieurs années. L’institut a étendu ses activités depuis juillet 2017 pour doubler le nombre de sites suivis dans le cadre du projet  MEMO. Grâce à des années de surveillance, les chercheurs de l'IMT ont constitué une expertise unique  et un ensemble de données qui cartographie avec précision les premières arrivées de moustiques exotiques dans notre pays.

Le moustique tigre est-il dangereux?

Le moustique tigre asiatique ou Aedes albopictus est un petit moustique à rayures noires et blanches. En plus de sa piqûre douloureuse, cet insecte peut également transmettre des virus tels que la dengue et le chikungunya. Ce n'est pas parce qu'il y a quelques moustiques tigres et exotiques en Belgique qu'il faut s'attendre à des épidémies. Les moustiques eux-mêmes ne constituent pas un danger. Cependant, ils peuvent transmettre des virus d'une personne à une autre. Pour ce faire, le moustique doit d'abord piquer une personne infectée. Ensuite, il pourra transmettre le virus en question à une autre personne. Pour que la transmission du virus soit possible, il faut que le virus et le moustique exotique soient présents au même endroit, au même moment. Ceci n'est possible que si la population de moustiques exotiques est suffisamment étendue. Mais cette probabilité augmente lorsque la densité de la population de moustiques augmente.

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