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Des scientifiques du monde académique et d’une compagnie privée combattent le kala-azar ensemble

Des scientifiques de l'IMT de GSK ont joints leurs efforts pour accélérer la recherche de nouveaux medicaments contre le kala-azar.

06-08-18

Image 1/1 : Leishmania

Le combat contre les maladies infectieuses est une course à l’armement continue pour développer de nouveaux médicaments et contrer les adaptations développées par les pathogènes. C’est encore plus crucial pour les maladies négligées, pour lesquelles l’arsenal thérapeutique est limité.  Des scientifiques de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), Belgique et de GSK Tres Cantos (GSK-TC), Espagne, ont joints leurs efforts pour accélérer la recherche de nouveaux medicaments contre le kala-azar. Dans un article de recherche publié dans le journal Scientific Reports, les scientifiques démontrent l’importance de screener les composes contre des parasites circulant actuellement chez les patients humains et pas seulement contre des souches de référence.

Les maladies tropicales négligées sont un groupe de 17 maladies infectieuses affectant plus d’un milliard d’individus dans les régions (sub)tropicales, le plus souvent les plus pauvres des plus pauvres.  Le Kala-azar (nom Hindi de la fièvre noire, aussi connue sous le nom de leishmaniose viscérale) est l’une d’entre elles, et la maladie parasitaire la plus grave après la malaria.  Elle cause à peu près un million de cas et tue au moins  30,000 personnes chaque année, dans l’ignorance totale du public. La maladie est causée par des parasites unicellulaires appelés Leishmania.

L’arsenal de médicaments pour traiter le kala-azar est limité: la résistance au traitement a déjà mené à l’abandon des antimoniés dans le sous-continent Indien. La Miltefosine montre une efficacité décrue et n’atteint pas les patients qui en ont le plus besoin.  La migration humaine croissante, les co-infections avec d’autres maladies infectieuses et le traitement des chiens infectés avec les mêmes médicaments que ceux utilisés chez l’homme peuvent répandre la résistance dans d’autres régions, y compris en Europe.  Il est essential de développer de nouveaux médicaments qui soient plus efficaces, plus sûrs et plus accessibles aux patients.

Dans une étude précédente, les chercheurs de GSK-TC, en collaboration avec la fondation ‘Tres Cantos Open Lab’ et des institutions académiques ont découvert la ‘Leish Box’, une série de molécules actives contre une souche de référence de Leishmania. Quand les compagnies pharmaceutiques développent de nouveaux médicaments contre les maladies infectieuses, ils commencent souvent en testant leurs molécules contre une seule souche de référence. Souvent, ces souches ont été isolées il y a des décades et elles sont maintenus en laboratoire”, rapporte le Prof Jean-Claude Dujardin, co-auteur de l’étude et chef du département de Sciences Biomédicales à l’IMT.

Si les médicaments sont testés avec succès contre ces souches de référence de laboratoire, cela n’implique  pas nécessairement qu’ils seront efficaces sur le terrain. Dans leur nouvelle étude, les chercheurs de l’IMT et GSK-TC ont effectué un screening secondaire de la  Leish Box contre des isolats cliniques récemment obtenus, y compris des isolats résistant aux médicaments utilisés actuellement sur le terrain.  Ils ont ainsi découvert que  seulement 45% des composés étaient actifs contre les nouveaux isolats cliniques ainsi que l’ancienne souche de référence.   

C’est pourquoi, ils recommandent d’intégrer au processus de découverte de nouveaux médicaments un test  sur des échantillons de patients actuels. “Nous devons savoir si les composes prometteurs seront aussi actifs contres des isolats cliniques, notamment ceux qui sont résistants aux médicaments utilisés actuellement. Ce sont ces parasites ‘dur-à-cuire’ qui vont  défier les nouveaux médicaments, une fois qu’ils seront utilisés dans les régions endémiques”, rapporte Aya Hefnawy, première auteur du papier et étudiante en doctorat à l’IMT dans le cadre du réseau de formation innovative Marie Sklodowka-Curie Euroleish.

Le Prof Dujardin souligne l’importance stratégique de cette étude: “Notre découverte a été le résultat de l’interaction entre des scientifiques de recherche et développement dans une compagnie privée et des chercheurs fondamentaux du monde académique. Nous avons besoin de plus de fonds pour la recherche fondamentale sur les maladies négligées ainsi qu’une coopération accrue entre les secteurs académiques et privés.  between R&D scientists from a private company and fundamental researchers from the academic world. Des initiatives comme les réseaux de formation innovative finances par l’UE sont un excellent exemple des solutions possible; ils devraient être suivis par d’autres, si nous voulons vraiment combler le fossé entre la recherche fondamentale et appliquée.”   

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