Passer au contenu principal

Les étudiants préfèrent la monogamie

L'Institut de Médecine Tropicale a examiné comment 800 étudiants de l’université d’Anvers perçoivent (inconsciemment) les relations sexuelles

09-05-18

Image 1/2 : jeune couple

Selon une étude basée sur un questionnaire en ligne, plus de neuf étudiants sur dix ont une forte préférence pour la monogamie. Plus de 800 étudiants de l’Université d'Anvers (UAnvers) ont été interrogés sur leur attitude inconsciente vis-à-vis de la monogamie et sur le fait d’avoir de multiples partenaires sexuels. La recherche menée par l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) à Anvers est publiée cette semaine dans la revue scientifique PLOS ONE.

L'équipe du Professeur Chris Kenyon à l’IMT étudie les réseaux sexuels et leur influence sur la propagation du VIH et d'autres IST.

Pour le Professeur Dr. Chris Kenyon, "Une vision plus claire sur l'attitude des personnes envers la sexualité peut nous fournir des outils pour le développement de campagnes plus efficaces contre la propagation du VIH et des IST."

"La demande directe relative aux préférences sexuelles n'est pas une méthode fiable, comme l'ont déjà démontré les recherches. Il est encore tabou pour la plupart des gens d’avouer qu’ils trouvent normal d’avoir plusieurs partenaires sexuels. D'autres ne sont même pas conscients de leur attitude, ce qui nous donne également une image déformée."

Les chercheurs ont donc opté pour ce que l'on appelle un «test d'association implicite ». Ces tests examinent les liens implicites que les gens établissent, sans qu'on leur demande spécifiquement de penser à un problème particulier. Dans cette étude, les étudiants devaient indiquer des mots comme positifs ou négatifs. L’équipe de recherche leur soumis des photos de couples en leur interrogeant s’ils pensaient qu’il s’agissait de couples monogames, ou s’ils jugeaient que l'un des partenaires en avait un deuxième. 92,3% des étudiants semblaient avoir une préférence implicite pour la monogamie.

"La préférence pour la monogamie est similaire chez les étudiants et les étudiantes. Les hommes homosexuels et les femmes lesbiennes sont plus ouverts aux relations sexuelles avec plusieurs partenaires", selon Kenyon. En raison de la taille limitée du groupe des répondants non-hétéro, leurs résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence.

Les chercheurs ont également comparé le questionnaire des préférences implicites avec les réponses fournies par les étudiants lorsqu’on leur a demandé explicitement comment ils perçoivent la monogamie et le fait d’avoir de multiples partenaires sexuels. Dans le questionnaire explicite les étudiants ont également clairement opté pour la monogamie. Il y a là-aussi aucune différence notable sur la base de la préférence sexuelle indiquée par les répondants.

La forte préférence pour la monogamie n'est pas une surprise. En Europe de l'Ouest, les relations non-monogames ont été réprimées pendant des siècles et ont, en général, toujours été considérées avec désapprobation. Les chercheurs veulent donc répéter l'étude, par exemple dans certaines régions en Afrique subsaharienne, où la multiplicité des partenaires sexuels est plus acceptée. "Si ces populations ont une attitude inconsciente différente, alors la question est de savoir pourquoi et à partir de quel âge ces différences apparaissent. Nous savons que des réseaux sexuels intensifs et interconnectés maintiennent la propagation des IST. Une meilleure connaissance de ces préférences devrait dès lors nous aider à éradiquer cette propagation", a déclaré Kenyon.

Pour cette recherche, l’IMT a travaillé en étroite collaboration avec l'Université d'Anvers, l'Université du Cap (Afrique du Sud) et l'Open University Limburg (Pays-Bas).

Lien

Meer nieuws over

PUBLIC HEALTH     BUITEN LAND