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L'attention se détourne des femmes dès qu'elles ont accouché

Manque de soins post-partum pour les mères qui accouchent dans des établissements de santé en Afrique subsaharienne

24-10-19

Image 1/1 : Copyright Pieter Ten Hoopen/LSHTM

Le manque de soins pour les mères qui viennent d'accoucher dans un établissement de santé constitue une menace grave pour la santé des femmes en Afrique subsaharienne. Une étude, publiée par une équipe internationale d’experts, révèle qu’une mère sur trois dans plus de 30 pays de la région ne reçoit pas de bilan de santé avant de quitter l’établissement. Ce chiffre est encore plus élevé dans des pays comme Eswatini et le Tchad. Des statistiques troublantes, étant donné que la plupart des décès maternels surviennent au moment de la naissance ou peu après. Cette étude, publiée dans PLOS Medicine, a été réalisée par des chercheurs de l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) d’Anvers, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), du Guttmacher Institute de New York et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève.

En raison de la pression mondiale continue et efficace, un nombre croissant de femmes accouchent dans un établissement de santé. Toutefois, il semble qu’après l’accouchement elles ne reçoivent pas toujours les soins dont elles ont besoin. C'est particulièrement le cas dans les pays d'Afrique subsaharienne, où les taux de mortalité maternelle et néonatale sont les plus élevés au monde, malgré une augmentation rapide du nombre d'accouchements dans un centre de santé. La période postpartum est cruciale dans la vie des mères et des nouveau-nés. Par conséquent, une prise en charge appropriée après la naissance peut éviter un taux de mortalité maternelle excessif.

« Il est encourageant de constater que plus de femmes choisissent d’accoucher dans un établissement de santé, surtout parce que les interventions médicales qui sauvent des vies, telles que les césariennes et les transfusions sanguines, ne peuvent être pratiquées à domicile », dit la Dr Lenka Benova, chercheur à l’IMT et premier auteur de cette étude. Un article publié il y a trois ans et auquel Benova a également participé, révélait que les femmes des pays à revenu faible et intermédiaire quittent les établissements de santé quelques heures après avoir accouché. Le professeur Oona Campbell du LSHTM, auteur senior de ces deux études, ajoute : « Dans les environnements où les femmes restent dans les centres de soins que cinq à six heures après avoir accouché, il est essentiel qu'elles subissent un contrôle postpartum avant de sortir, et qu’il y ait une continuité des soins post-partum après qu’elles quittent le centre. Nous constatons à présent que la qualité des soins postpartum fournis aux femmes après l’accouchement est inférieure aux normes. » Les chercheurs ont analysé ces soins chez plus de 130 000 femmes ayant accouché, en tenant compte des facteurs de risque tels que les césariennes.

Les recommandations les plus récentes de l’OMS sur les soins postnatals pour les mères datent de 2013. Elles portent sur, entre autres, le nombre et le lieu de contacts postnatals, l'évaluation des mères et des nouveau-nés en vue de détecter les complications et le contenu des soins postpartum jusqu'à six semaines après la naissance. Ces recommandations font actuellement l'objet d'une révision. »Nous constatons souvent que dès qu'une femme a accouché, l'attention concernant les soins de santé se détourne», explique le Dr Etienne Langlois, l'un des auteurs de l'OMS. « À la lumière de la mise à jour des recommandations de l'OMS en matière de soins postnatals, les résultats de cette étude fournissent des preuves essentielles de l'importance et de la nécessité de soins postpartum de haute qualité pour les nouveau-nés et les mères dans les établissements de santé », selon le Dr. Langlois.

« Au fil du temps, nous avons compris la grande importance des soins pendant la grossesse et le processus d’accouchement, mais aussi de la prise en charge des mères après leur accouchement. Nous les avons sorties de chez elles et les avons orientées vers les établissements de santé. C’est maintenant à nous de veiller à ce qu’elles reçoivent les soins dont elles ont besoin en surveillant de près ce qui se passe dans les heures, les jours et les semaines qui suivent l’accouchement », conclut Benova.

Lien vers l’article: https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002943

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