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Les nourrissons tirent profit d'une protection antipaludique durant la grossesse

Une prévention efficace du paludisme durant la grossesse peut conférer une protection supplémentaire contre le paludisme au cours de la première année de vie

25-04-18

Image 1/1 : Maman avec bébé

Nous savons que le paludisme durant la grossesse augmente le risque pour les nourrissons de contracter cette maladie. Néanmoins, il n'existe aucune preuve concluante relative aux bénéfices pour les nourrissons de stratégies préventives durant la grossesse. Des chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers (IMT) en Belgique et de l'Unité de Recherche Clinique de Nanoro (CRUN) au Burkina Faso rapportent, dans The Journal of Infectious Diseases, qu'un traitement préventif chez les femmes enceintes confère une protection supplémentaire à la fois contre le paludisme et d'autres fièvres chez les nourrissons au cours de leur première année de vie.

Au Burkina Faso, les chercheurs ont adjoint une étude de cohorte de naissances à une étude clinique évaluant l'efficacité de l'ajout d'un dépistage communautaire programmé et d'un traitement du paludisme au traitement préventif standard intermittent par sulfadoxine-pyriméthamine couramment utilisé pour la prévention du paludisme placentaire. Le traitement préventif intermittent repose sur une cure thérapeutique complète de médicament antipaludique dans le but de prévenir le paludisme, indépendamment de la présence de parasites ou de symptômes. 

Cette étude de cohorte de naissances a suivi le nombre d'infections paludiques et les cas chez des nourrissons pendant 1 an. L'étude révèle que les nourrissons nés au cours de la saison de faible transmission, dont les mères avaient bénéficié d'un dépistage et d'un traitement en plus d'un traitement préventif intermittent, présentaient une probabilité 26 % plus faible de contracter le paludisme pour la première fois. Étant donné que la transmission du paludisme est saisonnière au Burkina Faso, le même effet n'a pas été observé chez les nourrissons nés durant la saison de forte transmission, dont les mères avaient été enceintes durant la saison de faible transmission. 

Cette étude montre que les nourrissons nés durant la saison de faible transmission ont bénéficié d'une diminution supplémentaire de l'exposition aux parasites du paludisme, que l'intervention standard ne prévenait pas. « Nous avons constaté qu'un épisode de paludisme placentaire par le passé est associé à un risque accru de paludisme pour le bébé. Cette observation suggère que la prévention des infections à un stade précoce de la grossesse peut avoir un effet crucial sur la sensibilité future des nourrissons, » a dit Hamtandi Magloire Natama, le premier auteur du paper qui travaille actuellement sur son projet de doctorat à l'IMT. 

« Nous savions que le traitement préventif intermittent protège contre les issues de grossesse néfastes, telles qu'un faible poids à la naissance, une interruption de grossesse ou une mortinatalité. Nos résultats démontrent pour la première fois qu'une prévention efficace du paludisme durant la grossesse peut conférer une protection supplémentaire contre le paludisme chez les nourrissons au cours de leur première année de vie » a déclaré le Pr. Anna Rosanas-Urgell de l'IMT. 

Les chercheurs affirment que les stratégies de prévention du paludisme durant la grossesse ne doivent pas seulement être évaluées quant à leur effet protecteur sur l'issue de la grossesse mais aussi quant à leurs bénéfices supplémentaires potentiels à long terme chez les nourrissons. 

L'étude IMT et CRUN a été réalisée en collaboration avec des chercheurs de LSHTM (Royaume-Uni) et d'AMC (Pays-Bas).

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