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Quarante ans après la Déclaration d'Alma Ata, trop de gens toujours sans accès aux soins de santé de base

À Anvers, des experts internationaux font le point sur les soins de santé primaires en amont du Sommet OMS-UNICEF à Astana.

23-10-18

Image 1/1 : Début du symposium Alma Ata

En 1978, la Déclaration d'Alma Ata sur les soins de santé primaires (SSP) a défini l'accès aux soins de santé de base comme la pierre angulaire du droit à la santé pour tous. Quarante ans plus tard, des experts internationaux de la santé retournent à Astana, l’actuel Kazakhstan, pour la « Conférence internationale sur les soins de santé primaires » organisée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'UNICEF. En amont de ce sommet international, environ 150 experts internationaux participent à l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT) à un symposium pour faire le point sur les progrès accomplis et examiner la pertinence et la faisabilité de la Déclaration dans un monde en rapide mutation.

« La Déclaration d'Alma Ata était l'aboutissement d'une prise de conscience internationale croissante des défaillances relatives au fonctionnement des systèmes de santé. Elle a également dénoncé les inégalités grandissantes en matière de santé au sein et entre les pays comme moralement, socialement et politiquement inacceptables », déclarent le Pr Bart Criel et le Dr Valeria Campos da Silveira, coordinateurs scientifiques de ce symposium. « A ce jour, une grande partie de la population mondiale n’a toujours pas accès aux services de santé de base, malgré les efforts considérables déployés depuis Alma Ata », ajoute le professeur Criel, membre de la délégation belge à la conférence d'Astana.

« C’est le moment de réfléchir ensemble avec les jeunes générations des professionnels de la santé du monde entier, comment mieux faire et mettre en œuvre des politiques de santé visant la « Santé pour Tous ». Selon un rapport publié en 2017 par la Banque mondiale et l'OMS, la moitié de la population mondiale n'a pas accès aux services de santé de base et 100 millions de personnes se retrouvent dans une situation d'extrême pauvreté à cause des dépenses de santé.

L’objectif de cette rencontre préparatoire à Anvers est d’attirer l’attention des décideurs politiques sur la nouvelle déclaration sur les soins de santé primaires de l’OMS et de l’analyser d’un œil critique face aux vastes changements intervenus mondialement depuis 1978. Cet événement rassemble un public varié du Sud comme du Nord composé de personnalités du monde universitaire, d'étudiants en santé publique, de professionnels de la santé, de représentants de la société civile, d'organisations humanitaires et de décideurs politiques en santé publique. Cette conférence sera suivie d’un autre symposium organisé conjointement par les autorités de santé publique belges et  la Coopération au Développement cette année.

Éthiopie - étude de cas sur l'investissement dans les soins de santé primaires

La semaine dernière la revue scientifique The Lancet a publié un numéro spécial à l'occasion de l'anniversaire d'Alma Ata. Il comprenait aussi un article de Yibeltal Assefa, un ancien étudiant de l'IMT, et du professeur Wim Van Damme sur le système de soins de santé primaires en Éthiopie.

« Les faiblesses du système de soins de santé de base ont entravé la réussite des programmes de lutte contre le sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies évitables par la vaccination dans de nombreux pays dotés de systèmes de santé faibles. Depuis 2005, l’Éthiopie a réussi à mettre en œuvre une approche d’investissement diagonale visant à renforcer les services de santé essentiels et à intensifier les programmes de contrôle des maladies, en utilisant des financements provenant d’initiatives mondiales telles que le Fonds mondial, PEPFAR et GAVI, afin de renforcer le système de santé global " dit le Pr Wim Van Damme. " En conséquence, la couverture des programmes individuels et l'état de santé général ont augmenté."

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