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Le paludisme est une cause fréquente de décès chez les voyageurs de retour au pays.

C'est ce qui ressort des conclusions de 100 000 voyageurs malades évalués dans 25 cliniques spécialisées européennes entre 1998 et 2018.

20-01-21

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Les arbovirus, tels que le chikungunya et la dengue, sont de plus en plus fréquents chez les voyageurs qui tombent malades pendant ou après leur voyage. La mortalité causée par les maladies est limitée chez les voyageurs, mais c'est le paludisme qui est sa cause la plus fréquente. Ces données ressortent d'une étude d'EuroTravNet publiée dans The Lancet Regional Health – Europe. EuroTravNet, qui fait partie du réseau mondial GeoSentinel Infectious Diseases Sentinel Surveillance Network, a collecté les constatations sur 100 000 voyageurs malades évalués dans des cliniques spécialisées en Europe entre 1998 et 2018.  Le réseau international EuroTravNet regroupe 25 cliniques européennes de médecine des voyages, souvent liées à des centres universitaires. Celle de l'Institut de médecine tropicale (IMT) à Anvers est l'un des principaux centres du réseau.

Nous voyageons de plus en plus loin et de plus en plus fréquemment, bien que l'année passée fasse exception. Le réseau voit ainsi augmenter le nombre de voyageurs de retour de pays tropicaux et frappés de problèmes de santé. On constate parmi eux une hausse abrupte des infections par les arbovirus, transmis par les moustiques et responsables de maladies comme la dengue, le chikungunya et la Zika. Entre 1998 et 2002, on trouvait des infections par des arbovirus chez 1,7% seulement des voyageurs malades. Entre 2012 et 2018, ce taux a augmenté jusqu'à 6,2%. La dengue, le chikungunya et la Zika sont constatés plus souvent par suite de l'expansion mondiale des moustiques qui transmettent ces virus. Par ailleurs, les tests qui les détectent sont plus perfectionnés.

C'est la diarrhée, soit chronique, soit aiguë, qui forme le motif le plus fréquent d'une consultation médicale après un voyage tropical. Le risque de mourir d'une maladie infectieuse liée à un tel voyage est en général restreint, lorsque le diagnostic et le traitement interviennent suffisamment vite ; l'étude compte 44 décès sur un total de 100 000 cas sur une période de vingt ans. Le paludisme étant la maladie parasitaire la plus répandue chez les voyageurs de retour des tropiques, elle reste la cause de mortalité la plus fréquente.. On peut se protéger parfaitement contre le paludisme en prenant les comprimés préventifs, et si le diagnostic est posé à temps, on peut aussi en guérir entièrement. La rage, elle, fait l'objet d'une prise de conscience grâce à laquelle les voyageurs sont de plus en plus nombreux à chercher un traitement s'ils ont été mordus par un animal durant leur voyage. Les morsures les plus fréquentes sont celles des chiens, des singes, des chats et des chauve-souris, surtout en Asie et en Afrique du Nord.

« C'est la première fois qu'un ensemble de données aussi étendu est publié sur les maladies importées par des voyageurs de retour en Europe. Cette étude est donc unique et a une grande valeur par ce qu'elle nous apprend sur les changements de l'épidémiologie des maladies infectieuses dans le monde. Ceci nous permet de mieux conseiller les voyageurs avant leur départ, de mieux aider les médecins dans le travail de prévention, de diagnostic et de traitement de leurs patients, et de mieux informer les responsables de la santé publique sur les tendances épidémiologiques des maladies infectieuses importée, » explique le professeur dr. Emmanuel Bottieau de l'IMT.

EuroTravNet fait partie de Geosentinel, un réseau international regroupant soixante-huit cliniques de médecine du voyage. Au sein de ce réseau, l'IMT a construit des liens solides avec ces cliniques, dans le monde entier. Les membres du réseau s'entraident par des échanges de conseils et d'expériences. Il donne également aux médecins de la clinique de voyage de l'IMT la possibilité de diriger la personne qui tombe malade en voyage vers une clinique fiable dans le pays où elle se trouve. C'est un plus pour les services que l'IMT propose aux voyageurs.

De toutes les activités de l'IMT, la médecine du voyage est la mieux connue du public belge. En une année, les médecins de l'IMT conseillent plus de 21 000 voyageurs et font plus de 48 000 vaccinations. Quelque 5800 voyageurs de retour des tropiques viennent consulter l'IMT pour un problème de santé. Dans le domaine des maladies infectieuses tropicales, l'IMT a l'ambition de proposer des services médicaux de pointe à ses patients en Belgique.

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