Arrêter la transmission de la trypanosomiase humaine Africaine due à T.b.gambiense (StrogHAT)
À propos
La trypanosomiase humaine Africaine due à T.b.gambiense (gTHA) est une maladie tropicale négligée causée par des parasites trypanosomes, mortelle en l'absence de traitement. Jusqu'à récemment, les options thérapeutiques disponibles pour la gTHA étaient limitées et toxiques, obligeant les programmes de lutte à adopter des procédures de diagnostic complexes pour éviter le surtraitement. Ces procédures incluaient un dépistage par test sérologique, une confirmation microscopique laborieuse des cas séropositifs, ainsi qu'une ponction lombaire pour déterminer le stade de la maladie. On estime que cette approche a conduit à la perte de près de 50 % des cas de gTHA, qui n'ont pas reçu de traitement.
Récemment, un médicament oral non toxique à dose unique, l'acoziborole, a démontré une efficacité de 98,1 % lors d'un essai clinique de phase III, quel que soit le stade de la maladie gTHA. L'acoziborole élimine la nécessité d'une ponction lombaire de stadification de la maladie et semble suffisamment sûr pour permettre le traitement des suspects sérologiques sans confirmation microscopique (approche de dépistage et traitement).
StrogHAT vise à fournir des preuves initiales pour recommander cette approche aux programmes nationaux de lutte contre la THA, dans le cadre des efforts d'élimination de la maladie. En simplifiant le diagnostic, en renforçant l'acceptabilité et en améliorant l'accès au traitement, StrogHAT contribuera à atteindre l'objectif de l'OMS d'arrêter la transmission de la THA d'ici 2030.
Projet
Stop transmission of gambiense human African trypanosomiasis (StrogHAT)
Période
Juillet 2023 – juin 2028
Contact
Elena Nicco
Chercheur principal
✉ enicco@itg.be
Objectifs
Objectif principal : Évaluer si une stratégie de dépistage et de traitement peut conduire à l'interruption de la transmission de gTHA dans un foyer continental
Objectifs secondaires :
Fournir des preuves supplémentaires de la sécurité de l'acoziborole chez les sujets séropositifs aux tests de dépistage pour la gTHA
Fournir une estimation précise des coûts d’une stratégie de dépistage et de traitement.
Pour atteindre ces objectifs, une stratégie de dépistage et de traitement sera mise en œuvre, de manière active et passive, pendant trois années consécutives dans la région du Nord-Équateur, en République démocratique du Congo (RDC), où la gTHA est endémique. Les informations géographiques disponibles seront utilisées pour cibler spécifiquement les villages où la maladie est actuellement présente ou a été signalée récemment. De plus, le laboratoire de référence INRB (Institut National de Recherche Biomédicale) effectuera des tests moléculaires et sérologiques sur les échantillons sanguins prélevés avant le traitement, permettant d’identifier rétrospectivement les véritables cas de gTHA parmi les suspects sérologiques traités. Après trois ans d'intervention, la prévalence de gTHA dans la zone ciblée sera réévaluée.
Résultats préliminaires
En 2024, une série de sessions de formation a marqué le lancement du projet sur le terrain. Ces sessions ont été animées par une équipe multidisciplinaire d’experts issus de l’IMT, du PNLTHA, de l’INRB et de DNDi. La formation a couvert un large éventail de thèmes et a été adaptée aux besoins et aux responsabilités spécifiques de chaque groupe de participants.
Plusieurs thèmes clés ont été abordés par l’ensemble des formateurs, notamment une compréhension claire du protocole de recherche, le déroulement de l’étude pour les participants, ainsi que les rôles et responsabilités de chaque professionnel de santé impliqué. De plus, chaque groupe a bénéficié d’une formation spécialisée adaptée à son domaine d’activité. Les cliniciens se sont concentrés sur la reconnaissance des signes cliniques pouvant suggérer un gHAT, tandis que les techniciens de laboratoire ont été formés à l’ensemble du processus diagnostique. Une formation de remise à niveau a également été dispensée au personnel des unités mobiles et mini-mobiles. Parallèlement, des activités de sensibilisation ont été organisées à l’intention des autorités sanitaires locales ainsi que des responsables politiques et administratifs afin de renforcer leur compréhension du projet et leur soutien à celui-ci.
À l’issue de ces préparatifs, les unités mobiles et mini-mobiles ont lancé des activités de dépistage actif, en proposant des tests directement au sein des communautés. Parallèlement, un dépistage passif a été mis en place dans 30 établissements de santé sélectionnés, où les personnes pouvaient se faire dépister lorsqu’elles s’y rendaient pour recevoir des soins. Parmi ces établissements, 15 proposent l’ensemble des tests diagnostiques (sites de microscopie), tandis que 16 proposent l’ensemble minimal de tests diagnostiques (sites sentinelles) (voir la carte). Cinq de ces établissements de santé ont également été sélectionnés comme sites d’essais cliniques de DNDi, chargés de suivre de près les participants recrutés dans l’essai clinique et recevant un traitement à l’acoziborole.
Entre 2024 et juin 2026, les unités mobiles et mini-mobiles ont dépisté environ 600 000 personnes issues de la population générale et identifié environ 1 500 personnes présentant un résultat sérologique positif. Le dépistage passif mené dans les établissements de santé a permis d’identifier environ 1 000 cas sérologiques suspects supplémentaires. Après une évaluation minutieuse au regard des critères d’éligibilité de l’étude, environ 1 200 participants ont été recrutés pour l’essai clinique.
Les travaux sont toujours en cours. Au cours de la dernière année du projet, toutes les données collectées seront soigneusement analysées et une étude d’évaluation finale sera menée. Ensemble, ces résultats fourniront les preuves nécessaires pour répondre à la question de recherche principale du projet et évaluer l’impact de l’intervention.
Acteurs clés
Tutoriels vidéo : Protocole de prélèvement sanguin (KPS), le test HAT Sero K-Set et le test CATT
Ces tutoriels jouent un rôle clé dans la formation au diagnostic de la maladie du sommeil, le développement de solutions adaptées aux contextes locaux et le renforcement des compétences des équipes sur le terrain, grâce aux efforts conjoints du projet StrogHAT et des centres collaborateurs de l'OMS.
Dans le cadre du projet StrogHAT, trois nouveaux tutoriels vidéo sont désormais disponibles pour guider les professionnels de santé dans la mise en œuvre de protocoles essentiels : le protocole du kit de prélèvement sanguin (KPS), le test HAT Sero K-Set et le test CATT. Ces ressources visuelles ont été conçues pour simplifier et standardiser l'utilisation de ces outils, indispensables au diagnostic de la trypanosomiase humaine africaine (THA), également connue sous le nom de maladie du sommeil.
Ces tutoriels jouent un rôle clé dans la formation au diagnostic de la maladie du sommeil, le développement de solutions adaptées aux contextes locaux et le renforcement des compétences des équipes sur le terrain, grâce aux efforts conjoints du projet StrogHAT et des centres collaborateurs de l'OMS.
Protocole de prélèvement sanguin (KPS)
Le kit de prélèvement sanguin (KPS) a été conçu pour assurer des prélèvements sûrs et conformes aux protocoles en vigueur. Cette ressource vise à former les praticiens aux meilleures pratiques en matière de prélèvement sanguin, notamment dans les situations où les échantillons doivent être acheminés vers un laboratoire de référence pour des analyses complémentaires.
Test HAT Sero K-Set
Le test HAT Sero K-Set est un outil de diagnostic rapide conçu pour détecter les anticorps spécifiques à la trypanosomiase. La vidéo explicative qui l'accompagne présente en détail chaque étape du processus, de la préparation de l'échantillon à l'interprétation des résultats. Elle offre ainsi aux professionnels de santé une méthode fiable et facile à suivre pour la détection des anticorps spécifiques.
Test CATT
Le test CATT, ou test d'agglutination sur carte, est un outil de diagnostic permettant de détecter la présence d'anticorps spécifiques à Trypanosoma brucei gambiense dans le sang humain. Cette vidéo explique les étapes de réalisation du test d'agglutination CATT et donne des conseils pour interpréter les résultats.
Test mAECT
La technique de centrifugation par échange d'anions miniaturisée (mAECT) est la méthode parasitologique la plus sensible pour confirmer la trypanosomiase africaine humaine dans le sang humain. Il s'agit d'une technique de concentration permettant de visualiser les parasites au microscope. Cette technique est mise en œuvre à la suite d'un test de dépistage sérologique initial positif (tel que le test CATT ou le test HAT Sero K-set). Cette vidéo montre, étape par étape, comment réaliser la mAECT.
Financement
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Maladie du sommeil
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