« Ce que j’apprends ici peut améliorer la prise en charge des patients atteints de tuberculose au Nigeria »
Pour le Dr Zeynab Olamide Rabiu, la bourse d’études Armand Van Deun représente bien plus qu’un simple soutien financier. Grâce à cette bourse, elle peut suivre la formation de type courte intitulée « Prise de décision clinique en matière de tuberculose pharmacorésistante » à l’Institut de Médecine Tropicale (ITM) d’Anvers. Les connaissances et le réseau qu’elle se construit ici l’aideront à améliorer la prise en charge des patients atteints de tuberculose pharmacorésistante dans son pays d’origine, le Nigeria.
Rabiu a commencé sa carrière en tant que médecin, mais s’est rapidement rendu compte qu’elle souhaitait élargir son champ d’action. « Je voulais contribuer davantage à la santé publique qu’en me contentant de traiter des patients individuellement », explique-t-elle. Cette ambition l’a conduite à poursuivre un master supplémentaire en santé publique et à se spécialiser davantage dans la lutte contre les maladies. Aujourd’hui, elle travaille dans le sud-ouest du Nigeria en tant que responsable de programme impliquée dans la lutte contre la tuberculose et la lèpre.
Elle a toutefois continué à rechercher des opportunités pour renforcer son expertise. Le traitement de la tuberculose pharmacorésistante (TB-PR) reste un défi majeurL’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que plus de 20.000 personnes développent une TB-PR au Nigeria chaque année. « Ces patients réagissent souvent différemment aux médicaments disponibles. Lorsqu’un traitement n’est pas efficace, il faut chercher des alternatives. Cela nécessite des connaissances hautement spécialisées. »
"La bourse me donne une motivation supplémentaire pour mettre en pratique tout ce que j’ai appris à mon retour chez moi."
Elle trouve cette expertise à l’ITM. « La formation m’a véritablement ouvert de nouvelles perspectives. J’ai acquis de nouvelles connaissances sur le traitement des patients présentant des symptômes que je rencontre dans mon travail quotidien. Il y avait des choses que je ne savais tout simplement pas auparavant. »
Au-delà du contenu de la formation lui-même, Rabiu apprécie énormément l’environnement d’apprentissage international. « Ici, on apprend auprès d’experts qui ont des années d’expérience dans le traitement de ces groupes de patients complexes. En même temps, on rencontre des collègues de différents pays qui font face à des défis similaires. »
Elle considère ce réseau international comme l’un des principaux avantages de son séjour à Anvers. « Même après la formation, on peut contacter les enseignants et les autres étudiants pour obtenir des conseils et du soutien. Ce réseau peut faire une réelle différence lorsqu’il s’agira de traiter des cas difficiles à l’avenir. »
Le programme combine dix semaines d’apprentissage en ligne avec deux semaines d’enseignement en présentiel sur le campus d’Anvers. La flexibilité de la partie en ligne a permis à Rabiu de concilier ses études avec son travail au Nigeria. « C’est ce qui distingue l’ITM des autres établissements. J’ai pu continuer à travailler tout en suivant la formation. »
Au final, c’est la bourse d’études Armand Van Deun qui a rendu sa participation possible. « Sans cette bourse, je ne serais pas ici. Le coût de la formation et les frais de déplacement auraient tout simplement dépassé mes moyens. »
Mais l’impact de la bourse va bien au-delà d’une seule personne. Rabiu souhaite partager les connaissances qu’elle a acquises à Anvers avec ses collègues et les mettre en pratique. « La bourse me donne une motivation supplémentaire pour mettre en pratique tout ce que j’ai appris à mon retour chez moi. De cette manière, la qualité des soins prodigués aux patients atteints de tuberculose peut s’améliorer, ce qui profitera à beaucoup plus de personnes à long terme. »
Et Anvers ? Elle a également apprécié cette partie de l’expérience. « Je marche tellement ici que certains jours, je dépasse les 15.000 pas », dit-elle en riant. « C’est une ville magnifique. Mais je conseillerais aux futurs étudiants d’apporter un imperméable ! », ajoute-t-elle avec un sourire.
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