L'IMT recherche un·e artiste pour interroger son patrimoine colonial
Objectifs de la résidence
Contexte
À la suite de l'Exposition universelle d'Anvers de 1930, douze tableaux de l'artiste belge Fernand Allard l'Olivier (qui signait souvent ses œuvres de l'acronyme « FALO ») ont été transférés à l'IMT. Aujourd’hui, plusieurs de ces tableaux sont toujours exposés dans les bâtiments de la clinique et de l'administration de l'institut.
Ces œuvres représentent des paysages et des scènes de la région du Kivu durant la période coloniale belge. Bien qu'elles possèdent une valeur artistique et historique, ayant été produites dans un contexte colonial, elles ont contribué à diffuser des récits qui soutenaient et légitimaient la colonisation, l'exploitation des populations et des ressources, ainsi que la création et le renforcement de tensions entre différents groupes ethniques. À ce titre, elles invitent à une réflexion critique sur la manière dont les histoires coloniales ont été représentées, conservées et exposées au sein des espaces institutionnels.
Objectifs
À travers une résidence, l'IMT et Africalia invitent un·e artiste à engager une réflexion critique autour de ces œuvres et des questions plus larges qu'elles soulèvent concernant la mémoire institutionnelle, l'héritage colonial et l'impact persistant du colonialisme dans le présent.
Plutôt que de considérer ces tableaux comme de simples objets historiques figés, nous souhaitons qu'ils puissent devenir des points de départ pour le dialogue. Nous encourageons les propositions qui associent pratique artistique et recherche, et qui adoptent des approches permettant de questionner, réinterpréter ou contextualiser la collection à partir de perspectives contemporaines.
L'IMT est une institution d'enseignement reconnue au niveau international, proposant un large éventail de programmes de master, de formations doctorales et de cours de courte durée à travers son Open Global Campus. Chaque année, l'institut accueille des étudiant·e·s provenant de plus de soixante pays, dont plus de la moitié du continent africain. La résidence coïncidera avec l'ouverture de l'année académique, le 15 octobre, offrant ainsi des opportunités précieuses d'échange avec cette communauté étudiante diversifiée.
Dans l'ensemble, la résidence offre l'opportunité de contribuer au processus continu de réflexion institutionnelle de l'IMT et de stimuler les échanges entre les membres du personnel et les étudiant·e·s.
Les artistes sont encouragé·e·s à intégrer dans leur proposition des moments de participation, de dialogue ou de cocréation. Cela peut prendre la forme d'ateliers, de discussions, de recherches collaboratives ou d'autres formes d'engagement permettant aux étudiant·e·s et aux membres du personnel de contribuer activement au processus artistique. L'artiste développera ces activités en étroite collaboration avec un·e artiste issu·e de la diaspora congolaise en Belgique.
Le format précis reste ouvert et devra être adapté à la pratique et à l’interprétation de l'artiste.
Durée de la résidence
Durée de la résidence : 1 à 2 mois (à confirmer), à partir de début ou de mi-octobre 2026.
Veuillez noter que la date de début ainsi que la durée de la résidence sont conditionnées à l'obtention du visa approprié.
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Qui peut postuler ?
Les candidat·e·s doivent :
Être citoyen·ne de la République démocratique du Congo ou y résider ;
Avoir une expérience dans les arts visuels et l'histoire de l'art, la décolonisation ou des domaines connexes ;
Être en mesure d'obtenir un visa sur la base d'une lettre d'invitation.
Comment postuler ?
Remplissez le formulaire de candidature pour postuler
Le dossier de candidature doit aussi comprendre:
CV : veuillez y inclure votre parcours académique ainsi que vos expériences professionnelles.
Note d’intention : dans un texte de 750 mots maximum, décrivez votre projet potentiel, vos idées et vos attentes concernant la résidence.
Pièces jointes (facultatives) : elles ont pour objectif de donner un aperçu de votre projet (ce que vous souhaitez explorer, à partir de quelles œuvres ou pratiques). Elles peuvent inclure une présentation vidéo, une présentation visuelle, des dessins, des photographies, etc.
La date limite de candidature : 20 août 2026
Critères de sélection
Un comité composé de représentants d'Africalia, de l'IMT et d'experts externes évaluera les candidatures, suivi d'entretiens en ligne avec les candidat·e·s présélectionné·e·s. Les propositions seront évaluées selon les critères suivants :
Pertinence par rapport aux peintures de FALO et aux thématiques de l'héritage colonial et de la mémoire institutionnelle
Potentiel de cocréation avec la communauté de l'IMT et l'artiste issu·e de la diaspora congolaise
Qualité méthodologique : cohérence et rigueur de l'approche artistique et de recherche
Visibilité et impact : capacité à susciter des échanges et à toucher des publics au-delà de l'IMT
Innovation : perspective nouvelle sur la collection ou la thématique
Ancrage dans les réalités contemporaines de la RDC : perspectives, pratiques ou contextes actuels
Faisabilité dans le cadre du calendrier et des ressources de la résidence
L'artiste sélectionné·e sera informé·e le 15 septembre. Tou·te·s les candidat·e·s seront informé·e·s du résultat.
À propos de l'IMT et d'Africalia
L'Institut de Médecine Tropicale (IMT) à Anvers
L'IMT trouve ses origines dans le passé colonial du pays. Fondé en 1906 sous le règne du roi Léopold II, l'institut avait pour mission initiale de former des médecins et du personnel infirmier destiné à travailler dans l'État indépendant du Congo. En 1933, l'IMT a quitté Bruxelles pour s'installer sur son campus actuel à Anvers, où le port international de la ville offrait un accès direct aux navires transportant des patients atteints de maladies contractées dans les colonies belges.
Au cours du siècle dernier, l’IMT a connu une profonde transformation. D’institution coloniale, il est devenu un centre internationalement reconnu pour la recherche et l’enseignement, travaillant dans le cadre de partenariats à long terme avec des institutions en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
Aujourd’hui, l’IMT fait progresser la science et la santé mondiale grâce à une recherche innovante, un enseignement de haute qualité, des soins spécialisés aux patients et le renforcement des capacités en collaboration avec des institutions partenaires dans le monde entier. Sa mission est de réduire l’impact des maladies et des autres défis de santé sur les populations à travers le monde.
Cette transformation a également conduit l’IMT à porter un regard critique sur sa propre histoire. En 2008, l’institut a adopté la devise Switching the Poles, exprimant sa volonté de dépasser le modèle traditionnel de la « coopération au développement » pour construire de véritables partenariats fondés sur l’échange mutuel de connaissances, le partage des ressources, ainsi qu’une prise de décision et une gouvernance conjointes. Cette vision s’est poursuivie dans le cadre du programme de partenariat actuel, Connecting the Dots, et se prolongera à partir de 2027 avec un nouveau programme intitulé The Health We Share. Ensemble, ces programmes témoignent d’une ambition claire : favoriser des partenariats équitables, dans lesquels les ressources, les initiatives et les responsabilités décisionnelles sont partagées, et où l’IMT se positionne comme l’un des centres d’expertise au sein d’un réseau plus large de partenaires.
Malgré les progrès importants réalisés, nous reconnaissons que notre histoire institutionnelle continue d’influencer le présent. Les héritages coloniaux créent encore aujourd’hui des angles morts qui ont un impact direct sur notre manière de collaborer, d’enseigner, de mener nos recherches et d’interagir avec nos partenaires, nos étudiants et notre personnel. Reconnaître cette histoire constitue une étape essentielle pour construire des relations fondées sur l’équité, la collaboration et le respect mutuel.
L’IMT s’engage donc à aborder son passé colonial de manière critique et constructive. Dans cette perspective, l’institut a lancé une démarche visant à examiner différents aspects de sa culture institutionnelle, de ses partenariats, de ses programmes d’enseignement et de ses espaces physiques. Cette résidence d’artiste s’inscrit dans ce processus plus large de réflexion, de dialogue et de transformation.
Africalia
Africalia soutient le développement des secteurs culturels et créatifs et promeut la visibilité des artistes africain·e·s et afrodescendant·e·s. Fidèle à sa devise « Creativity is life », Africalia œuvre pour la reconnaissance de l'art et de la culture comme des moteurs essentiels du développement humain durable.
Afin de réaliser cette vision, l'organisation collabore avec de nombreux partenaires culturels en Afrique, en Belgique et au-delà. À travers des programmes pluriannuels, elle renforce des organisations, des réseaux, des artistes, des entrepreneur·e·s, etc. actif·ve·s dans diverses disciplines artistiques contemporaines, allant des arts de la scène et des arts visuels à l'audiovisuel et à la littérature.
Les programmes d'Africalia en Afrique visent à professionnaliser les industries culturelles et créatives, à renforcer les capacités managériales et les réseaux culturels et à promouvoir la reconnaissance du pouvoir transformateur de la culture. L'organisation est actuellement active au Burkina Faso, au Burundi, en République démocratique du Congo, au Kenya, au Maroc et en Ouganda. En Belgique, Africalia collabore avec des institutions culturelles pour amplifier les voix créatives africaines et afrodescendantes au sein du réseau culturel belge.
(c) image: Banele Njadayi
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