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Une demande croissante de soins spécialisés autour du chemsex

Un nouveau centre d'expertise interdisciplinaire de l'Institut de Médecine Tropicale accompagne les personnes pratiquant le chemsex vers un meilleur contrôle de leur usage, de leur santé et de leur bien-être.
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L'Institut de Médecine Tropicale (IMT) lance un centre d'expertise spécialisé dans le chemsex. Avec cette nouvelle offre interdisciplinaire de soins et de recherche, l'IMT souhaite soutenir les personnes qui consomment des drogues dans un contexte sexuel et qui rencontrent des problèmes physiques, mentaux ou sociaux. Ce centre s'appuie sur des années d'expérience en matière de soins et de recherche dans le domaine de la santé sexuelle.

ChemsexScene_1600x1600 (c) Unsplash

Le phénomène du chemsex

Le chemsex désigne l'usage de certaines drogues avant ou pendant des rapports sexuels, souvent dans un contexte de sessions prolongées, avec plusieurs partenaires et des risques accrus pour la santé. Il a été le plus étudié chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Un article récent (1) de Georgiadis et al. montre que, à l'échelle mondiale, 22 % des HSH ont une expérience du chemsex. Ces chiffres proviennent de 238 études incluant au total 380 505 participants. Pour au moins cinq substances, les taux observés en Europe étaient systématiquement les plus élevés au monde.

« Pour de nombreuses personnes pratiquant le chemsex, il reste difficile de trouver une aide adaptée », explique Tom Platteau, sexologue à l'IMT. « Les services d'aide se concentrent souvent uniquement sur la sexualité ou uniquement sur la consommation de substances, alors que c’est précisément leur combinaison qui est essentielle pour bien accompagner les personnes. Avec ce centre, nous voulons combler cette lacune. »

TomPlatteau_1600x1600 Tom Platteau

L'IMT : un point de contact de confiance pour le public cible

L'IMT entretient depuis de nombreuses années un lien étroit avec le public cible, notamment les HSH qui consultent l'institut pour le suivi de la PrEP et du VIH. « Nous voyons des personnes qui subissent des conséquences négatives, mais aussi des personnes motivées à changer », explique Tom Platteau. « Cela rend essentiel de relier les soins et la recherche et de partir de la réalité des personnes dans l'accompagnement proposé. »

Le nouveau centre d'expertise offre un point d'accès à bas seuil pour un accompagnement autour du chemsex et d'autres formes d'usage de drogues sexualisé. Les personnes peuvent s'y adresser sur rendez-vous, même si elles ne sont pas suivies à l'IMT. L'équipe travaille de manière interdisciplinaire, avec une expertise spécifique en matière de consommation de substances, de santé sexuelle, de santé mentale et d'accompagnement social, afin d'offrir des soins optimaux. Ces soins sont toujours proposés dans une approche respectueuse, non jugeante et centrée sur la personne.

Afin de continuer à développer des soins de qualité, des recherches scientifiques sont également menées au sein du centre. Ces recherches visent directement à améliorer la prise en charge des patients.

Collaboration

L'IMT collabore avec des partenaires de soins tels que Sensoa, le Centre d'expertise flamand sur l'alcool et les autres drogues (VAD) et l'UZ Gent, et consulte des acteurs politiques comme l'Agence pour les soins et la santé et l'INAMI. La demande d'accompagnement et d'expertise émane également du public cible lui-même.

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Plus d'infos
ChemsexConferenceAttendees_1600x1000 Lors de la Conférence internationale sur le chemsex 2026, 242 participants issus de 25 pays ont échangé des idées et renforcé leur collaboration autour de ce thème important.

Science, soins de santé et communauté réunis

Comment les chercheurs, les prestataires de soins, les organisations communautaires et les personnes ayant une expérience vécue peuvent-ils collaborer pour améliorer les soins et le soutien ? Telle était la question centrale de la Conférence internationale sur le chemsex, organisée par l'IMT du 3 au 5 mars. Pendant trois jours, 242 participants de 25 pays ont partagé des résultats de recherche, des expériences de terrain et des idées. « Le chemsex est un phénomène international », souligne Tom Platteau. « En partageant les connaissances et les expériences, nous renforçons la qualité et l'humanité des soins pour les personnes concernées. »

Références

  1. Georgiadis, N., Katsimpris, A., Vatmanidou, M. A., Vassilakou, T., Beloukas, A., & Sergentanis, T. N. (2025). Prevalence of chemsex and sexualised drug use among men who have sex with men: A systematic review and meta-analysis. Drug and Alcohol Dependence, 275:112800. https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2025.112800

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